Ces femmes girafes tissent des écharpes, lac Inlé, Birmanie

Ces femmes au cou interminable – les femmes girafes de Birmanie

Femme girafe, lac Inlé, Birmanie
Femme girafe, lac Inlé, Birmanie

A première vue, ces femmes sont différentes, ont leur propre histoire et ont divers noms, pourtant elles portent toutes le même collier. Celles que nous avons rencontrées vivent en Birmanie, elles sont appelées « femmes girafes », « padaug »,« femmes au long cou» ou encore « Karen ». Il est possible de les rencontrer dans l’état du Kayah, une région montagneuse à l’est du pays.

Femme girafe. Bagan, Birmanie

La tradition perdure depuis des années, à vrai dire, ces femmes portent des colliers à spirales depuis leur plus jeune âge. Tout d’abord, à leur 5 ans, elles reçoivent leur premier anneau ; leur cou est enduit de graisse et de crème afin de faciliter la démarche. Ensuite, chaque année, la spirale est changée entièrement afin d’augmenter sa taille et son poids. Ainsi, vers leur 8 ans, elles ont environ 10 anneaux, vers leur 15 ans, 15 anneaux et elles terminent vers leur 30 ans avec environ 25 anneaux. Soit une hauteur de 40 centimètres au maximum et un poids qui peut atteindre les 10 kg. Cette charge est plus que conséquente !

Les colliers lors des différentes étapes. Bagan, Birmanie.
Les colliers lors des différentes étapes. Bagan, Birmanie.

Quant à la structure du squelette de ces femmes, les spirales n’étirent pas le cou mais au contraire tassent leurs vertèbres et leurs côtes. Au fur et à mesure, le poids du collier oblige les côtes à se développer vers le bas.  Ainsi, les côtes de ces femmes peuvent atteindre un mouvement de 45 degrés.

La partie gauche de l’image montre que les côtes d’une personne normale se développent presque horizontalement. La partie droite montre l’affaissement des côtes d’une femme girafe.

Certaines légendes racontent qu’à une époque, elles avaient ce collier afin de se protéger des attaques de tigre. Le cou était la première partie du corps touché.

D’autres parts, d’autres racontent que chez les missionnaires chrétiens, le collier représentait la fidélité des femmes. Par exemple, si elles étaient démunies de leur bijou c’était la conséquence de leur impureté ; leur cou était mis à nu.

Jeune femme girafe qui tisse une écharpe. Bagan, Birmanie

Finalement, les femmes qui de nos jours font perdurer cette tradition sont fières. Elles gardent leurs anneaux toute leur vie et ainsi marque leur appartenance à une ethnie. Malheureusement, de moins en moins de jeunes femmes continuent ce rite. En effet, ces colliers ont un prix élevé. Certaines de ces demoiselles attendent d’avoir un mari afin de se l’offrir. Depuis peu, le gouvernement birman interdit cette pratique.

Toutefois, le tourisme de masse en Thaïlande a incité certaines de ces femmes à passer la frontière. Malheureusement, un vrai business s’est développé à Mae Hong Song où les touristes sont heureux de les voir, de les photographier. En outre, ces femmes reviennent de plus en plus à leurs origines. Néanmoins, il est très difficile d’arrêter ce tourisme malsain ; surtout lorsqu’elles vivent de cette activité.

Ces femmes girafes tissent des écharpes, lac Inlé, Birmanie
Ces femmes girafes tissent des écharpes, lac Inlé, Birmanie

En revanche, nous avons eu la chance d’en croiser à plusieurs endroits en Birmanie. Effectivement, ces femmes créaient des bijoux artisanaux et autres objets afin de vivre et n’ont pas le besoin de vendre leur image. Par contre, il est important de les respecter et d’éviter de croire qu’elles ne sont qu’une « attraction » ; et ainsi respecter leurs coutumes et leurs environnements.

Petites statuettes en bois qu'elles vendent sur leurs étales. Bagan, Birmanie
Petites statuettes en bois qu’elles vendent sur leurs étales. Bagan, Birmanie

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